La servitude pour dettes

La servitude pour dettes touche plus de 20 millions de personnes dans le monde.
Les circonstances qui conduisent à de telles situations sont diverses : emprunt destiné à financer un traitement médical, une dote, un mariage en blanc pour l’obtention d’un visa de travail dans un pays riche, etc. L'emprunteur est ensuite astreint à travailler sans congés pour le compte du prêteur jusqu'au remboursement de la dette (en particulier dans le domaine de la prostitution). Les rémunérations étant toujours très basses, il arrive que la dette ne soit pas éteinte avant le décès de l'emprunteur et soit ainsi transférée aux générations suivantes. D'autres personnes s’engagent à payer leur entrée clandestine dans un pays par leur travail jusqu'à ce que leur dette soit remboursée. Toutefois les "salaires" étant tous justes suffisants pour survivre, le remboursement peut s’échelonner sur des années.
L'analphabétisme ne fait qu'aggraver le problème, dans la mesure où la personne endettée est incapable d'assurer ou de vérifier le suivi comptable des sommes remboursées. La plupart du temps, elle ne dispose d'aucun contrat par écrit. Pour obtenir le remboursement des sommes dues, les créanciers n'hésitent pas à avoir recours à la violence et aux menaces. Dans certains cas extrêmes, on voit même des enfants maintenus en état de servitude pour dettes indépendamment de leur famille ou qui héritent des dettes contractées par leurs parents.
Les formes traditionnelles de la servitude pour dettes évoluent actuellement pour donner naissance à des formes modernes de ce fléau que l'on ne trouve plus seulement dans l'agriculture, où il est toujours très répandu, mais également dans d'autres secteurs économiques tels que le travail domestique, la fabrication de briques, l'usinage du riz, les mines, les carrières et le tissage de tapis.
Bien qu'elle soit en recrudescence, la traite des êtres humains destinée à l'exploitation sexuelle à des fins commerciales, qui touche 1,4 million de personnes dans le monde, ne représente que 10% des situations de travail forcé. Quant au trafic de la main-d'œuvre destinée au travail forcé, le montant des profits qu'il génère dans la région Asie-Pacifique est estimé à 9,7 milliards de dollars américains par an. Les disparités économiques existant entre les différents pays de la sous-région du Mékong sont la cause principale du trafic de femmes et d'enfants originaires du Myanmar, du Laos et du Cambodge vers la Thaïlande.
Les véritables causes du trafic et de l'immigration clandestine de main-d'œuvre sont la pauvreté, l'endettement, le manque d'accès à l'éducation et à l'emploi dans les communautés rurales d'origine des migrants, l'exclusion sociale et l'attrait des grandes villes. Parmi les femmes et les enfants victimes de ce trafic, certains sont vendus à des réseaux de proxénètes, tandis que d'autres finissent comme employés domestiques ou ouvriers agricoles saisonniers, quand on ne les oblige pas à mendier ou à racoler sur la voie publique.
Source : OIT (organisation internationale du travail)
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