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En partage avec vous, chers parrains et chères marraines,  l'extraordinaire sortie des enfants du refuge à Païlin, une très belle région à la frontière Thaï.

Comme vous le savez déjà, les enfants de notre refuge travaillent durement tout au long de l'année. Ils étudient en fait deux fois plus qu'un enfant "normal" au Cambodge. De plus chacun et chacune a de nombreuses obligations pour aider au bon fonctionnement du refuge, situé sur une parcelle d'un hectare au milieu des rizières, à deux pas de la ville de Battambang au Cambodge.

Ainsi nous devons également penser à leur faire décourvir un peu le" monde", car comme le dit l'adage, "les voyages forment la jeunesse" et éveillent la curiosité de l'enfant pour l'altérité et la nouveauté. Ces petits voyages contribuent à vaincre les peurs de celles et ceux qui ne sont jamais sortis de leur patelin et qui bien souvent finissent par rejeter la différence.

Les enfants vivent cette sortie déjà le jour qui la précède!

Les soirées qui précedent ce genre de grande sortie sont effervescentes: imaginez tous ces jeunes se racontant avec excitation tout ce qu'il savent déjà de la région où nous allons aller.

Chacune et chacun prépare ses plus beaux habits, ses plus belles chaussures, ainsi la nuit est courte, remplie des rêves pour le lendemain.

Au petit matin, les visages sont un peu tirés, mais les coeurs se mettent à battre plus vite lorsque "Papa" stoppe le vieux camion devant le refuge. Chacun veut les meilleures places, c'est-à-dire celles au dessus des roues arrières, car c'est là que l'on fait les bonds les plus surprenants quand le camion roule sur l'une des nombreuses ornières de la piste.

La route n'est pas bien longue, il nous faut deux heures de route avant d'arriver à Païlin où l'on découvre en arrivant une très belle colline surmontée d'un immense Bouda le regard tourné vers  l'horizon.

Notre première étape consiste à visiter cette belle colline où il a été déposé de nombreuses statues qui représentent pour certaines "le jugement dernier à la sauce cambodgienne" (déconseillé au âmes sensibles).

La photo numérique au secour de l'humanitaire

Tout au long de cette sortie, nous prenons un nombre impressionant de photographies. Je ne refuse jamais une photo à un enfant, ainsi devant chaque statue et monument, mon doigt presse la gachette de ma machine à souvenir.

Si j'oublie un enfant timide qui attendait son tour, je peux immédiatement voir sur son visage la tristesse et la résignation... et moi, je n'aime pas la résignation, je la combats tous les jours, car elle m'est inacceptable. J'appelle alors l'enfant et je le prends en photo en pratiquant ce que je sais faire de mieux dans ma vie: revaloriser celui ou celle qui pense n'être qu'un "vienne en suite", un être sans importance.

En fin de journée, je visualise toujours toutes les photographies et devant le nombre de photos que je vois défiler, je remercie secrètement l'industrie de la photographie pour ne plus devoir prendre des photos en argentique!

Des cascades de rêve au milieu de la montagne sauvage

C'est une sacrée piste qu'il faut gravir avec tous les enfants à l'arrière de notre petit camion. Et les Cambodgiens ont oublié de mettre au centre de la piste une crémaillère comme sur les petits trains de montagne en Suisse.

Si le moteur cale, ou que les freins lachent, nous serons dans la rivière plus tôt que prévu, alors je prends une grande inspiration  et je commence la périlleuse ascension.

A notre arrivée, chacun et chacune déchargent tout ce qui est nécessaire pour un pique-nique de rêve dans les cascades merveilleuses de Païlin.

Dans ce genre d'endroit, beaucoup d'amoureux viennent en cachette passer une journée romantique loin de la ville. Je regardent les plus grandes du refuge qui se donnent des coups de coude pour montrer à leurs amies des petits riens qui les font rougir jusqu'à la racine des cheveux.

Pour le repas de midi, nous avons tout apporté avec nous et ce n'est pas une mince affaire, car nous sommes une cinquantaine de personnes et l'aventure nous a donné grand faim. Certains mangent pour trois, ils ne peuvent faire autrement, le souvenir de la disette est encore trop présent.

Plutôt se faire brûler sur le bûcher que de se baigner en costume de bain!

Ici tout le monde se baigne habillé, vous ne verrez jamais une jeune fille khmère se baigner en costume de bain, elle préfèrerait se faire brûler sur un bûcher au centre du village, plutôt que de montrer son corps dénudé en public.

Ainsi on se baigne avec ses plus beaux habits du dimanche et on sèche sur la route du retour.

Et notre retour se fait comme à notre habitude, dans l'euphorie générale, les chants, les rires, avant que petit à petit le sommeil ne gagne d'abord les plus petits puis les plus grands.

Les photos du spectacle "Le Livre de la Jungle"